En France, le mot “assurance-vie” ne veut pas dire “assurance en cas de décès”. C’est le truc le plus contre-intuitif du système. Quand les anglophones disent “life insurance”, ils parlent d’une assurance-décès. En France, l’assurance-vie, c’est de l’épargne. Oui, c’est idiot, mais on fait avec.
L’assurance-décès, elle, sert à verser un capital à une personne précise si tu meurs avant une certaine date. C’est utile si tu veux protéger quelqu’un : conjoint, coloc, parent dépendant, etc. Mais c’est un produit à fonds perdus. Comme une assurance habitation : si t’as pas d’incendie, tu “perds” ta prime. Ce n’est pas fait pour épargner. C’est fait pour couvrir un risque.
Assurance-vie = épargne, assurance-décès = filet de sécurité
Quand tu es jeune, célibataire, sans bébé ni héritier, tu n’as pas besoin de protéger quelqu’un financièrement si tu meurs. Donc, tu n’as pas besoin d’assurance-décès. En revanche, ouvrir une assurance-vie, même avec quelques dizaines d’euros par mois, c’est super intelligent. Parce que tu crées une enveloppe fiscale avantageuse pour épargner. Et parce que si un jour tu veux transmettre (à un neveu, une sœur, une asso, un futur bébé, peu importe), tu pourras le faire très facilement.

Peut-on “déshériter” ses enfants en France ?
Non. Pas totalement. En France, une partie de ton patrimoine revient obligatoirement à tes enfants. C’est ce qu’on appelle la “réserve héréditaire”. Tu peux disposer librement de ce qu’on appelle la “quotité disponible”. Mais même avec ça, tu ne peux pas dire “je donne tout à ma meilleure amie” si tu as trois enfants.
Mais il existe des solutions. Par exemple :
- L’assurance-vie, si elle n’est pas manifestement exagérée, échappe aux règles de la succession.
- Une rente viagère : au lieu de laisser un capital, tu le transformes en revenus jusqu’à ta mort.
- Le viager : tu vends ton bien, tu encaisses, tu vis.
- Ou tu dépenses tout avant de mourir, et tu vis ta meilleure vie en EHPAD avec champagne et karaoké.
Et si j’ai envie de transmettre à quelqu’un en particulier ?
Alors là, la clause bénéficiaire de l’assurance-vie est ton amie. C’est elle qui permet de désigner précisément qui va recevoir quoi. Et c’est pour ça que c’est un outil puissant. Tu peux écrire un truc du genre “Mon petit frère s’il est majeur à mon décès, sinon l’association X, sinon ma tante Y.” Et l’assureur exécutera.
Pareil pour l’assurance-décès. Tu peux désigner un bénéficiaire. Et s’il est bien renseigné, il recevra le capital dans les semaines qui suivent ton décès.
Juste, pense à bien formuler. Si tu mets “mon conjoint”, mais que tu es pacsé.e, ou séparé.e sans mise à jour, ça peut coincer.
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